C'est à Hugues et Pétronille Maingot, seigneurs de Surgères au nom du comte de Poitiers, que l'on attribue traditionnellement la fondation de l'église Notre-Dame dans le second quart du 11e siècle. L'église est donnée quelques années plus tard à l'abbaye de la Trinité de Vendôme. Elle doit sa réputation à son imposante façade du 12e siècle qui se développe sur 27 mètres de longueur. Le haut clocher octogonal, qui s'élève à la croisée du transept, est aussi un des éléments marquants de l'édifice. Constitué d'un seul niveau, il est orné de fines colonnes qui encadrent des baies particulièrement hautes et étroites.

L'église est composée d'une nef, d'un transept avec chapelles de plan carré et de l'abside. Les parties orientales ont conservé leur couvrement d'origine : voûte en cul-de-four pour l'abside et coupole pour la croisée du transept qui porte le clocher massif. La nef, à l'origine voûtée, est aujourd’hui couverte d'une charpente en bois. Comme de nombreuses églises de la région, la façade est confortée aux angles par des contreforts-colonnes et compte deux niveaux dominés par un simple pignon. Elle est puissamment structurée, horizontalement, par les deux corniches qui couronnent les deux niveaux et, verticalement, par les arcades - dont six arcades aveugles qui se développent de part et d'autre du portail - et les contreforts-colonnes.

La façade écran concentre un riche décor sculpté. Celui-ci se développe sur les rouleaux du portail et des arcades (motifs végétaux ou géométriques) et sur les chapiteaux des colonnes (où dominent les animaux). Les corniches et les modillons sont aussi richement ornés d'animaux, de musiciens, d'acrobates... qui présentent des similitudes stylistiques avec ceux de l'église d'Aulnay. À l'étage, sont figurés deux cavaliers à l'intérieur de petites arcades, autour de la baie centrale. Celui de droite, terrassant un personnage, représenterait l'empereur Constantin qui autorisa le culte chrétien dans l'empire romain au début du 4e siècle. À l'intérieur, seuls les piliers de la croisée du transept présentent des sculptures romanes ; cette partie de l'église, vraisemblablement antérieure à la façade, est datée des environs de 1100.

L'édifice roman a subi, au fil du temps, des dégradations qui ont nécessité des réfections voire des reconstructions. Suite aux destructions de la guerre de Cent Ans, l'église est restaurée au 15e siècle. Les voûtes de la nef et leurs piliers sont refaits, ainsi que les bras du transept. Une crypte est aménagée au 16e siècle. En 1880, une importante campagne de travaux est menée par l'architecte Lisch qui fait déposer une partie des sculptures romanes de la façade et les remplace par de nouvelles œuvres. L'église Notre-Dame est classée au titre des monuments historiques en 1862.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, C. Rome, 2008.