L'église Saint-Michel est fondée près de la ville d'Angoulême, vers 1137, par l'abbaye de La Couronne. Elle se dresse le long d'une voie secondaire du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle qui, au départ de Poitiers, dessert Charroux, Angoulême et Aubeterre pour rejoindre La Réole, sur le grand chemin de Tours à Saint-Jacques de Compostelle. Elle est construite selon un plan centré, octogonal, rarement utilisé à l'époque romane. Elle est peut-être associée à un hôpital pour pèlerins ou sert peut-être de chapelle funéraire, comme l'octogone de la Maison-Dieu de Montmorillon (Vienne), construit à la fin du 11e siècle. L'église, devenue paroissiale au 13e ou au 15e siècle, est endommagée pendant les guerres de Religion. Au 17e siècle, la voûte s'effondre et est remplacée par une simple charpente.
En 1806, la paroisse Saint-Michel est annexée à la paroisse Saint-Ausonne d'Angoulême. Elle redevient indépendante en 1846.
L'église est alors en mauvais état. En 1848, l'architecte Paul Abadie engage une importante campagne de restauration qui s'achève en 1853. Il fait remplacer la charpente du 17e siècle par une coupole. Les murs sont en partie repris, ainsi qu'un certain nombre de chapiteaux et de modillons sculptés.
En 1898, un clocher coiffé d'une haute flèche conique est érigé à quelques mètres de l'église.

De l'église romane subsiste donc le rez-de-chaussée, en partie restauré. Il est composé des huit absidioles (chapelles semi-circulaires) ouvertes sur les pans de l'octogone. À l'exception de l'absidiole occidentale où a été aménagé le portail, les chapelles sont éclairées par une baie en plein cintre. L'absidiole orientale, qui abrite l'autel, est dotée d'un sobre décor (arcs aveugles à l'extérieur, colonnettes à l'intérieur).
Intérieurement, hui colonnes soulignent les jonctions entre les absidioles couvertes en cul de four. Elles sont surmontées de pilastres qui montent jusqu'à la naissance des nervures de la coupole, de 13 mètres de diamètre, qui couvre l'octogone ; les pilastres ont été refaits en même temps que la voûte.

L'élément le plus remarquable de l'église est le tympan sculpté du portail, où est représenté le combat de l'archange Michel et du dragon. Cette scène, qui illustre un passage de l'Apocalypse, est fréquente dans l'art roman et symbolise la lutte du bien et du mal. Une inscription latine commente la scène : Faltum est proelium in coelo Michael proeliabatur cum dragon (il y eut un combat dans le ciel, Michel combattit le dragon). Cette inscription est datée de la première moitié du 12 e siècle.
Au centre de la composition, Michel, aux ailes déployées, semble marcher sur le monstre dont le corps reptilien se déploie sur toute la largeur du tympan. Il est armé d'un bouclier et d'une lance qui transperce la tête du dragon.
Les figures rappellent, par leurs formes longilignes et la vivacité des mouvements, le style des sculptures de la façade de la cathédrale d'Angoulême. En revanche, le visage de Michel a été restauré.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, G. Beauvarlet (9) 2014, R. Jean (6,10) 2013, A. Maulny (2,3) 1985, C. Rome(1,4,5,7,8) 2011-2014, C.Sarrazin (8) 2014. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont (2,3)