L'histoire de l'abbaye de Saint-Amant-de-Boixe commence avec l'ermite Amant, qui aurait vécu au 6e siècle dans la forêt de la Boixe. Un monastère est attesté à proximité de l'ancien ermitage à la fin du 9e siècle. Il est transféré à son emplacement actuel vers 1030, par la volonté des comtes d'Angoulême. Presque cent ans plus tard, au début du 12e siècle, la construction d'une nouvelle église est entreprise.

Les travaux commencent par le chœur et le transept, sans doute terminés avant 1125, année de la translation des reliques de saint Amant dans la nouvelle église.
Le nouveau chœur est construit selon un plan rare en Angoumois : une abside et, de chaque côté, deux chapelles parallèles de profondeur inégale.
Le bras nord du transept est doté d'un portail couvert d'une voussure ornée des symboles du Christ et des Évangélistes et de souples rinceaux habités d'animaux.
Deux registres superposés d'arcatures aveugles, abritant des personnages représentés debout, l'accompagnent.

La nef, édifiée dans la seconde moitié du 12e siècle, est sans doute achevée lors de la consécration de l'église en 1170. Longue et large, elle comprend une nef centrale et deux collatéraux, tous couverts de voûtes en berceau plein cintre. Les deux travées orientales des collatéraux, plus anciennes, sont couvertes de voûtes d'arêtes.
La façade occidentale appartient à la deuxième campagne de travaux. Rythmée par quatre contreforts-colonnes qui la divisent en trois travées, elle s'élève sur deux niveaux surmontés d'un court pignon. Le portail central est encadré de deux arcades aveugles ; il est couvert d'une voussure comprenant cinq rouleaux ornés de motifs géométriques.
Sur le registre supérieur, les travées latérales sont occupées chacune par une grande arcade. La travée centrale est percée d'une baie encadrée de deux étroites arcades aveugles. Le décor géométrique est omniprésent sur les arcs.

L'église est endommagée au 13e siècle par un incendie. Un chœur à chevet plat est reconstruit au 14e siècle. Fortement désaxé par rapport à la nef, il conserve, au nord, les deux chapelles romanes ; au sud, une nouvelle chapelle (aujourd'hui disparue) est édifiée sur une crypte qui est ornée de peintures murales, partiellement conservées. À la même époque sont restaurés le cloître et les bâtiments conventuels, établis au sud de l'église dès l'époque romane.

Au 17e siècle, après les guerres de Religion, l'église est en partie ruinée et les voûtes du transept sont effondrées ; au 18e siècle, le bras sud du transept est écourté.
À la Révolution, l'abbaye est fermée et l'église devient paroissiale. Celle-ci est restaurée à la fin du 19e siècle. Les travaux concernent notamment les voûtes et le bras sud du transept, qui sont reconstruits.

À la fin du 20e siècle, une importante campagne de travaux est menée sur les bâtiments monastiques subsistants : l'aile sud, qui abrite le réfectoire roman, les vestiges du cloître et le bâtiment occidental.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, C./ Rome, 2012.