L'église visible aujourd’hui date principalement du 12e siècle. Toutefois la base des murs pourrait provenir d'un premier édifice existant au 11e siècle, lorsque le bourg de Roullet était rattaché à l'abbaye Saint-Cybard d'Angoulême, qui a donné à l'église son vocable.

En 1162, elle dépend de la cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême, dont elle reprend, à une moindre échelle, le mode de couvrement singulier en file de coupoles. Entièrement en pierre de taille, l'église est constituée d'une nef unique sans transept et d'un chevet très profond, avec deux travées droites à l'ouest. Dans la seconde moitié du 12e siècle, la nef est couverte de trois coupoles sur pendentifs. La façade, très remaniée au 19e siècle, reprend aussi les partis pris de la cathédrale. Elle est organisée en trois niveaux superposés et divisée par trois grandes arcades en plein cintre, soutenues par quatre colonnes monumentales. Elle est rythmée par un décor d'arcades aveugles aux chapiteaux sculptés.

La sculpture occupe une place importante dans l'église. Tous les chapiteaux sont sculptés, ainsi que les modillons de la façade et une grande partie des archivoltes des baies. Les chapiteaux intérieurs, riches et variés, sont ornés de motifs végétaux entrelacés (palmettes perlées, volutes, feuilles d'acanthe) et habités de monstres ou de visages humains. Toute la sculpture de la partie orientale de l'édifice est attribuable au second quart du 12e siècle, tandis que celle de la nef est postérieure. Une scène évoquant l'Eucharistie apparaît sur trois chapiteaux dans l'édifice, deux dans le chœur et un sur une baie du chevet. Elle représente deux oiseaux (probablement des colombes) qui boivent dans un calice placé entre eux. La nef et le chœur sont, par ailleurs, ornés d'une succession d'arcades, percées ou non de baies, qui rythment les murs.

L'édifice est inscrit en 1840 sur la première liste des monuments historiques. En 1872, le clocher foudroyé s’effondre, créant d'importants dommages dans le chœur et la nef, sans toutefois ébranler la coupole sur trompes de la travée sous clocher. Cela donne lieu à d'importantes restaurations au cours des années 1870 qui transforment une partie de l'édifice. L'inspecteur des monuments historiques, Paul Abadie (fils), reconstruit le clocher dans les années 1874-75 en y intégrant quelques éléments de sa création comme les clochetons d'angle.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, J.Bonneau, 2013 (2,3,5,6) ; R. Jean, 2013 (4,9,10,11) ; C. Rome, 2013 (1,7,8).