L'église Saint-Trojan a été construite dans la seconde moitié du 12e siècle et remaniée à l'époque gothique. C'est un des monuments saintongeais où le décor sculpté s'est épanoui presque avec exubérance.

L'église est pourtant modeste. Elle est simplement composée d'une nef unique et d'un profond chœur largement éclairé par cinq fenêtres inscrites dans des arcades en plein cintre. La grandeur du chœur peut surprendre. Les constructeurs ont certainement été inspirés par l'église Saint-Eutrope de Saintes, dotée d'un chœur très développé souvent imité en Saintonge.

Le chevet a été l'objet d'un travail soigné et élaboré. Rythmé verticalement par les contreforts-colonnes qui délimitent les pans du chevet, il s'organise en trois niveaux horizontaux. La partie basse est ornée par un savant travail de la pierre, où se côtoient un appareil en épi et un appareil réticulé. Les registres supérieurs sont animés par des arcatures agrémentées de motifs géométriques sur les rouleaux et les archivoltes. Le savoir-faire des sculpteurs s'exprime également sur les modillons de la corniche où sont représentés des animaux, des masques humains, des acrobates, des monstres avalant des hommes...

La sculpture est aussi présente sur la façade. Seule la partie basse est romane, la partie supérieure ayant été refaite à une date indéterminée. Le rez-de-chaussée, délimité horizontalement par une corniche à modillons sculptés, est structuré par quatre contreforts-colonnes. Un portail en plein cintre ouvre au centre, encadré par deux arcades plus étroites. Le portail, les chapiteaux des colonnes, la corniche sont ornés de motifs géométriques, de belles têtes humaines, d'animaux parfois monstrueux.

Ces mêmes motifs se retrouvent à l'intérieur de l'église où ils se déploient sur les chapiteaux de la nef et du chœur. Des personnages serrant le cou d'oiseaux ou de lions, des animaux, des végétaux, des masques grimaçants y sont représentés, sculptés dans un style vigoureux.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, R. Jean (1,4,5,6,7) 2010 et 2012, C. Rome (2,3,8) 2012.