L'église Notre-Dame-la-Grande est implantée dans le cœur de Poitiers, sur l'une des places les plus fréquentées, en bordure de la Grand'Rue, le grand axe est-ouest de la ville.

Mentionnée dès le 10e siècle sous le nom latin Sancta Maria Majore, l'église qui dépendait du clergé de la cathédrale cumule les deux fonctions d'église paroissiale et collégiale. Elle est reconstruite au 11e siècle et consacrée en 1086.

L'édifice est composé d'une nef centrale flanquée de collatéraux sensiblement de même hauteur, ce qui est fréquent en Poitou ; elle est prolongée d'une travée sans transept portant le clocher et d'un chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes en partie construit sur une crypte.
Vers 1100, l'église est décorée de peintures murales dont il subsiste des vestiges dans la crypte et sur la voûte de l'abside.
Au début du 12e siècle est lancé un vaste chantier pour rallonger l'église à l'ouest et construire une façade-écran. Celle-ci, achevée vers 1130, est couverte de sculptures qui font aujourd'hui la renommée de l'église.
Aux 15e-16e siècles, l'édifice est doté de chapelles privées offertes par les notables poitevins. Pillé en 1562 par les protestants qui décapitent les statues de la façade, il est relativement épargné à la Révolution.
L'église est classée Monument historique en 1840 et de nombreuses restaurations se succèdent au cours du 19e et du 20e siècle. C'est au 19e siècle que sont refaits les décors peints de la nef, du déambulatoire et des chapelles rayonnantes.

La campagne de travaux réalisée entre 1992 et 1995 sur la façade a permis de mettre en valeur le décor sculpté ; elle a également révélé des traces de polychromie attestant que la façade était peinte à l'époque romane. Encadrée par deux faisceaux de contreforts-colonnes sommés de clochetons, la façade est divisée horizontalement en deux niveaux surmontés d'un pignon. Au rez-de-chaussée ouvre un portail encadré de deux arcades aveugles. Le second niveau, ajouré d'une grande baie, est animé de deux registres superposés d'arcades aveugles.

Le programme sculpté est exceptionnel par son abondance, sa qualité et ses scènes historiées. Le pignon est dominé par le Christ en gloire encadré par les symboles des Évangélistes : l'ange de saint Mathieu, le lion de saint Marc, l'aigle de saint Jean et le taureau de saint Luc.
À l'intérieur des arcades du deuxième niveau sont figurés les douze apôtres ainsi qu'un pape et un évêque. Enfin, au-dessus des arcades et du portail du rez-de-chaussée, une frise sculptée horizontale illustre, de gauche à droite, des scènes de l'Ancien Testament (Adam et Ève, Nabuchodonosor, quatre prophètes) et des épisodes de l'Enfance de Jésus (la Visitation, l'Annonciation, le Bain de l'Enfant, Joseph). À côté de ces scènes historiées, un riche décor ornemental composé de végétaux, d'animaux, de monstres se déploie sur les arcades et sur les corniches.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, G. Beauvarlet (2,4,5,6,7,8) 2009, A. Dagorn (9) 1995, C. Rome (1,3) 2010.