C'est vers 1120 qu'est établi, dans un vallon de la paroisse Saint-Maur de Lanville, un prieuré dédié à Notre-Dame. Dès l'origine, les religieux observent la règle des chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin. 28 exceptionnelles inscriptions funéraires gravées au 12e siècle dans le mur du chevet de l'église conservent la mémoire de la première communauté. Celle-ci vit dans des bâtiments construits au nord de l'église.

L'église Notre-Dame, qui accueille les offices (prières) des chanoines et le culte paroissial, est composée d'une nef, d'un transept et d'un profond chœur ; à la croisée du transept s'élève un clocher carré. Le vaste édifice est originellement long de plus de 50 mètres et la nef est large de 8 mètres. La construction est soignée, en belles pierres de taille.

Intérieurement, l'église est dominée par l'imposante coupole sur pendentifs qui couvre la croisée du transept. Elle repose sur des piliers aux chapiteaux richement ornés de souples feuillages, proches de la sculpture de la cathédrale d'Angoulême.
Le chœur profond comprend une travée et une abside couverte en cul-de-four. Les murs sont ornés de hautes arcades qui encadrent chacune une baie. Le décor de feuillages et d'animaux des chapiteaux de l'arcature est semblable à celui de la croisée du transept.
Les bras du transept, couverts en berceau brisé, sont sans décor. Dans la nef, les chapiteaux sculptés sont d'une facture plus sèche. Ils ont sans doute été réalisés plus tardivement.

L'édifice roman a subi plusieurs altérations qui concernent principalement les parties hautes du chevet et du transept, le couvrement de la nef et la façade occidentale.

Le chevet et le transept ont été surélevés, vraisemblablement au cours de la guerre de Cent Ans, afin d'aménager un chemin de ronde doté de systèmes de tir. La paix revenue, des travaux sont réalisés à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. La nef de l'église est ornée de peintures murales, deux grandes baies gothiques éclairent le transept sud, un nouveau cloître est construit...
Au 17e siècle, le prieuré, en mauvais état, est restauré à partir des années 1660. La nef de l'église, découverte, reçoit des voûtes d'ogives. De nouveaux bâtiments monastiques sont édifiés au sud-ouest de l'église, les anciens tombant progressivement en ruine.

Le prieuré ferme à la Révolution. Au 19e siècle, l'église Notre-Dame, rouverte au culte, se détériore par manque d'entretien. La façade romane s'effondre en 1903. Entre 1910 et 1912, une nouvelle façade, très austère, est érigée en retrait de 8 mètres par rapport à l'ancienne.
Plusieurs campagnes de travaux se succèdent dans la seconde moitié du 20e siècle, assurant la sauvegarde de l'édifice.


Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, G. Beauvarlet, 2011 (1,4,11), C. Rome (2,3,5,6,7,8,9,10).