L'abbaye de Fontaine-le-Comte est fondée, entre 1126 et 1136, par Geoffroy de Loriol sur des terres octroyées par Guillaume, 8e comte de Poitou et 10e duc d'Aquitaine. Les chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin s'y installent et l'abbaye reçoit alors le vocable de Notre-Dame-des-Fontenelles. Les chanoines assurent par ailleurs le culte paroissial du village qui se développe autour de l'abbaye. Pendant la guerre de Cent Ans, les habitants incendient l'église (la voûte de la nef est détruite) pour éviter que l'ennemi ne s'y retranche.

Les reconstructions débutent en 1435, lorsque Guy Doucet est élu abbé. Pour protéger l'abbaye, il entreprend de la fortifier, une bretèche à mâchicoulis est ainsi construite au-dessus du portail du logis. Le mur sud est reconstruit, ainsi que le pignon de la façade. De cette époque sont conservés deux écus avec les armes de l'abbé, un sur le portail de l'abbatiale et l'autre sur celui de l'infirmerie. François Ardillon, abbé de 1471 à 1502, poursuit les travaux avec la reconstruction des voûtes du transept (lourdement restaurées aux 19e et 20e siècles) et de la croisée du transept. Il crée également un chemin de ronde sur le chevet qui sera détruit en 1980, car il fragilisait, par son poids, la voûte de l'abside.

En 1647, les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève (congrégation des génovéfains, qui suivent la règle réformée de saint Augustin) prennent possession de l'abbaye et entreprennent sa restauration. Un siècle plus tard – 1756 - ils doivent abandonner l'abbaye faute de moyens. La communauté est alors rattachée à celle de Saint-Hilaire-de-la-Celle à Poitiers. Les travaux reprennent au 19e siècle avec la création d'une voûte en brique, elle-même remplacée au 20e siècle par une voûte en bois. Cette dernière est certainement plus proche du système de couvrement d'origine, car, en l'absence de contreforts extérieurs, une voûte en pierre n'aurait pu être installée. En 1840, l 'abbaye est classée monument historique.

L'église Notre-Dame de Fontaine-le-Comte est construite selon un plan en croix latine. Son architecture épurée ne présente quasiment aucun décor. Seuls quelques motifs sculptés ornent les chapiteaux du portail et de la croisée du transept (ajoutés pour certains à la période gothique). Sur le chevet, seuls quelques motifs géométriques (pointes de diamants, entrelacs, dents de scie...) décorent les sept baies qui éclairent le chœur particulièrement lumineux.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, G.Beauvarlet, 2006 (4) ; R. Jean, 2006 et 2007 (2,3,5) ; A. Riou, 2005 (1) ; C. Rome, 2008 (6). © Communauté d'Agglomération de Poitiers (2,3,4,5)