L'église Saint-Chartier de Javarzay s'élève près du château édifié par François de Rochechouart au début du 16e siècle.
Dépendante d'un ancien prieuré bénédictin, l'église est citée pour la première fois en 1081. Elle est reconstruite au siècle suivant, vers 1140, et comprend une nef divisée en un vaisseau central et deux collatéraux, un transept et un chœur.
En 1505, l'église accueille de nombreuses reliques données par le cardinal Raymond Perrault. Quelques années plus tard, le chœur est reconstruit, sans doute à l'initiative de François de Rochechouart ; le tombeau de plusieurs membres de cette famille s'élève alors à l'entrée du chœur.
L'église est protégée au titre des monuments historiques dès 1840, consolidée et mise en valeur par plusieurs campagnes de restauration menées à partir des années 1850. Les travaux des années 1870 ont cependant suscité de vives critiques, le sol de la nef ayant été surélevé, les autels de la nef, les plaques tombales et le tombeau des Rochechouart détruits.

De belles dimensions (45 m de longueur, 12,50 m de hauteur sous la voûte de la nef), l'église Saint-Chartier présente une architecture équilibrée et soignée, où la pierre de taille est seule utilisée tant pour la partie romane (nef et transept) que pour le chœur de style gothique flamboyant.

La façade s'élève sur deux niveaux surmontés d'un pignon. Au rez-de-chaussée s'ouvre un portail assez sobre, les quatre rouleaux qui le surmontent étant dépourvus de sculptures.
Le rez-de chaussée est séparé du niveau supérieur par une corniche richement sculptée. Les modillons sont ornés de têtes humaines et animales, de masques... Entre eux prennent place des métopes (dalles) portant des motifs géométriques, des feuillages et deux scènes figurées : l'Agneau avec une croix, symbole du Christ, représenté au-dessus du portail et, à droite de ce dernier, un personnage portant un baluchon et suivi d'un animal (?) cabré.

À l'intérieur de l'édifice, l'arc brisé a été privilégié aux dépens de l'arc en plein cintre, ce qui confère à la structure une plus grande stabilité. Les voûtes en berceau brisé du vaisseau central et des collatéraux de la nef se contrebutent mutuellement. Les piliers portant la voûte centrale de la nef sont reliés par de grands arcs également brisés. Ces supports sont composés de huit demi-colonnes aux chapiteaux souvent sobrement sculptés. Quelques uns présentent un décor plus marquant : têtes humaines très saillantes ; têtes de chèvre surmontant un rang de feuillage, lapin entre deux lions...

La modestie de la sculpture tranche avec la qualité de la mise en œuvre de l'église romane, qu'illustre également la coupole de la croisée du transept, portée par des pendentifs dont les pierres ont été soigneusement disposées en losanges.

Au-delà du transept, le chevet gothique est également une œuvre de qualité. Le chœur communique avec les chapelles latérales par de grandes arcades brisées moulurées. L'ensemble est couvert de voûtes sur croisée d'ogives et liernes dont les clefs portent les blasons de la famille de Rochechouart.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel, G. Beauvarlet 2014.