C'est à la fin du 10e siècle qu'une première abbaye est fondée, à proximité du Thouet. Un siècle plus tard, le monastère est réformé par Pierre de Saine-Fontaine qui instaure la règle des chanoines réguliers de saint Augustin. La construction d'une nouvelle église, qui semble avoir été entreprise vers 1070, s'achève vers 1150. Un important remaniement intervient au cours du premier tiers du 13e siècle : le vaisseau central de la nef et le chœur sont couverts de voûtes d'ogives ; des fenêtres hautes sont aménagées dans les murs du vaisseau central de la nef.

L'église Saint-Pierre est construite selon un plan en croix latine que l'on retrouve assez fréquemment dans les églises des principales abbayes poitevines des 11e-12e siècles : longue nef à vaisseau central et collatéraux, transept à chapelles orientées et chœur à déambulatoire sur lequel ouvrent trois chapelles. Cependant, la nef présente la particularité d'être précédée par une entrée monumentale ; celle-ci est composée d'un porche surmonté d'une tribune.

La sculpture est très présente à l'intérieur de l'église. Dans la nef, les chapiteaux des piliers sont agrémentés d'un riche décor diversifié : des animaux, des feuillages, des sirènes, une scène de banquet qui est parfois identifiée aux noces de Cana, des soldats combattants, des chevaliers... Les chapiteaux sont encadrés de statues, personnages debout portant parfois des livres. Ces sculptures constituent une particularité du décor de la nef d'Airvault. Dans le chœur, on peut notamment remarquer deux chapiteaux historiés. L'un d'entre eux est consacré à Adam et Ève ; sur le second sont représentés les travaux aux champs.

L'église conserve également, dans le bras nord du transept, le tombeau de Pierre de Saine-Fontaine. Celui-ci est porté par quatre atlantes. Il est orné, sur sa face principale, de neuf personnages sous arcade et, sur l'un des côtés, d'une maquette d'église qui rappelle le rôle constructeur de l'abbé.

Les sculpteurs sont également intervenus à l'extérieur de l'édifice, notamment sur la façade. Celle-ci est structurée en trois travées par des contreforts-colonnes ; elle est divisée en deux registres horizontaux surmontés d'un pignon. Au rez-de-chaussée s'ouvre le portail central, encadré par deux arcades aveugles. Ce portail est orné des Vieillards de l'Apocalypse, sculptures restituées lors de la restauration menée dans les années 2000. À gauche du portail, au niveau supérieur, une arcade abrite les vestiges d'un cavalier qui domine le décor. Ce cavalier représente l'empereur Constantin.

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire général du patrimoine culturel : G. Beauvarlet, 2010 (5) ; R. Jean, 2012 (3,6) ; C. Rome, 2010 (1,2,4,7,8).